Le développement économique au cœur de l’intégration confédérale

Les Chefs d'État de l'AES adoptent un protocole sur la coordination du développement, matérialisant leur engagement à construire un espace économique intégré et prospère au service des populations du Sahel.
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Bamako, 22 décembre 2025 – Dans un contexte marqué par l’urgence de répondre aux besoins socio-économiques de leurs populations, les Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel ont adopté un protocole additionnel relatif à la coordination des questions de développement, traduisant concrètement leur volonté de construire une prospérité partagée.

Ce texte, adopté à l’unanimité par les Présidents Assimi GOÏTA, Ibrahim TRAORÉ et Abdourahamane TIANI lors de la deuxième session ordinaire du Collège à Bamako, représente une réponse structurée aux défis économiques communs aux trois pays. Il s’articule autour de huit secteurs stratégiques identifiés comme prioritaires : l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’eau et l’environnement, l’énergie et les mines, les échanges commerciaux et la transformation industrielle, les infrastructures et les transports, la communication et les télécommunications, la libre circulation des personnes et des biens, et l’économie numérique.

Le Président GOÏTA, dans son allocution, a souligné l’importance de cet engagement collectif : « Ce protocole matérialise notre volonté de construire un espace de prospérité économique et sociale où toutes les populations des trois pays seront unies en tant que populations AES. Dans cette alliance, les Burkinabè et les Nigériens se sentiront chez eux au Mali, et vice-versa, sans aucune barrière bureaucratique. »

Le protocole adopté prévoit la création d’une Banque d’Investissement de l’AES et la mise en place d’un Fonds de stabilisation, deux instruments financiers essentiels pour concrétiser les projets intégrateurs. Ces institutions permettront de mobiliser des ressources pour financer des infrastructures transfrontalières et des initiatives de développement à fort impact pour les populations.

Le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a insisté sur la dimension humaine de ce protocole : « Nous devons accorder une attention particulière à la cohésion sociale, au relèvement et à la stabilisation, à la jeunesse, au sport et à la culture, à l’éducation et à la formation professionnelle, à l’emploi ainsi qu’à la santé. Ces domaines sont essentiels pour construire une intégration qui bénéficie réellement à tous nos citoyens. »

Le document formalise également l’engagement des trois pays à faciliter la libre circulation des personnes et des biens, un principe fondateur de leur alliance qui avait déjà été acté lors du premier sommet de Niamey. Des projets de protocoles additionnels seront élaborés dans l’urgence pour lever les obstacles à cette circulation, en remplacement des mécanismes de la CEDEAO dont les trois pays se sont retirés.

Le Général TIANI a souligné la dimension historique de cette avancée : « Depuis la signature de la Charte du Liptako-Gourma le 16 septembre 2023, nous avons parcouru un chemin remarquable. Ce protocole sur le développement incarne notre vision commune d’un Sahel prospère, stable et maître de son destin. »

Ce protocole marque une étape décisive dans la construction concrète de l’espace confédéral, démontrant que l’intégration sahélienne ne se limite pas à la dimension sécuritaire mais embrasse pleinement les aspirations économiques et sociales des populations. Il traduit la conviction partagée que seul un développement harmonieux et coordonné permettra de garantir la stabilité durable et la souveraineté retrouvée de la région.

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