Un Panel de haut niveau pour élucider cette nouvelle forme de guerre médiatique
Depuis un certain temps, notre pays est confronté à une guerre d’information à travers un acharnement médiatique des chaînes occidentales, régionales voire même nationales. Des cabales médiatiques savamment orchestrées sur la situation sécuritaire, amplifiées et vulgarisées par des officines de désinformation occidentales en passant par une intoxication jusqu’à l’apologie du terroristes , aucun moyen de communication n’est épargné.
Ainsi, cette guerre de désinformation menée à la fois par les forces obscurantistes et les médias alliés trouve écho dans certaines colonnes nationales et sur certaines pages des réseaux sociaux de nos concitoyens devenus de véritables pourfendeurs. Toute chose qui contribue à saper le moral des populations et de l’Armée dont la lutte implacable contre le terrorisme ne souffre d’aucune ambiguïté.
Consciente que l’information est une arme redoutable et la plus puissante d’ailleurs, la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA), en collaboration avec le Centre d’Information Gouvernementale du Mali (CIGMA), a organisé ce jeudi 11 décembre 2025 un panel de haut niveau de la presse pour partager et échanger avec les acteurs sur les enjeux liés au traitement de l’information en période de crise.
Cette importante rencontre, qui avait pour cadre l’hôtel de l’Amitié de Bamako, a regroupé des responsables des médias, les patrons de presse, les professionnels des médias et de la communication, les animateurs des réseaux sociaux à savoir : les blogueurs, vidéomans, vidéastes, les médias en ligne, les influenceurs et quelques médias autour d’éminents panélistes, notamment le journaliste émérite Alexis KALAMBRY, le président de la Maison de la Presse Bandiougou DANTE, le directeur de l’AMAP Alassane SOULEYMANE, le directeur de la Radio-Rurale de l’ORTM Oumar Moussa TRAORE , le directeur de la DIRPA Colonel-Major Souleymane DEMBELE et le directeur du CIGMA Ibrahima TRAORE, sous la modération de l’ancien directeur de l’ORTM Salif SANOGO.
Il s’agissait pour ces experts d’éclairer les journalistes sur les défis de la guerre communicationnelle dans le contexte actuel de notre pays afin de contrer les menaces informationnelles et de renforcer la résilience des journalistes et, par ricochet, des communautés face à la désinformation, de susciter le soutien et d’améliorer la perception des populations sur les FAMa ; d’assurer une prise de conscience des acteurs des médias de leurs rôles et responsabilités dans la lutte contre le terrorisme au Mali et au Sahel. Aussi, il s’agit de favoriser une meilleure compréhension des enjeux politico-sécuritaires liés à la diffusion d’informations sensibles et des dangers liés à la diffusion de fausses nouvelles.
Dans sa note introductive, le ministre en charge de la Communication, Alhamdou AG ILYENE, a, au nom du Premier ministre, félicité les acteurs de la communication et de l’information pour l’organisation de cette rencontre avant de rappeler que la presse est en première ligne dans la guerre informationnelle. Selon lui, chaque mot compte, chaque image compte, y compris chaque silence : « Il ne s’agit pas seulement de comprendre cette guerre informationnelle, mais de l’appliquer sur le terrain », a-t-il martelé.
Le premier thème du panel : « La communication institutionnelle et politique dans un contexte de guerre informationnelle » a été présenté par Ibrahim TRAORE, directeur du CIGMA. Il a fait une brève et brillante présentation de la communication institutionnelle dans la situation malienne marquée par la guerre informationnelle. Il a présenté aux participants de l’atelier les plateformes digitales du CIGMA, qui enregistrent déjà 361 000 abonnés avec un taux de croissance mensuelle de 11 %. Nombre total de vues : 11 000 000. Interactions : 659 000, soit une croissance de 19 %. Il a précisé que les canaux d’information du CIGMA ont pour défis la rapidité et la crédibilité sur fond de vérité. Il trouve que le gouvernement actuel met un accent sur la communication pour combattre la guerre informationnelle.
Le thème 2 du panel : « Rôle des médias publics et structures publiques de communication face à la cabale médiatique contre le Mali ? » a été présenté par Oumar Moussa TRAORE, directeur de la Radio Rurale de l’ORTM. Il a indiqué qu’avec la désinformation, les médias publics s’organisent pour y faire face. Il a ainsi évoqué la collaboration étroite entre le CIGMA et l’ORTM, notamment dans le développement de certains sujets, dans l’accès aux sources d’information ainsi que dans la recherche des personnes ressources pour animer les différents plateaux d’émissions télévisuelles et radiophoniques.
Alassane Souleymane MAÏGA, DG de l’AMAP, est venu à sa suite pour donner son point de vue sur le même thème.Selon lui, la désinformation est en train de devenir une règle : « Nous sommes en danger et nous devons agir », a-t-il lancé. Il estime, qu’il s’agit d’une situation que chacun de nous vit au quotidien, avant de proposer comme solution le traitement consciencieux et patriotique des événements. À ses yeux, ceux qui nous attaquent hors de notre pays ne disent pas la vérité et donnent les informations qui les valorisent et les galvanisent.
Le thème 3 du panel : « Rôle, défis et perspectives de la presse privée et des médias sociaux dans un contexte de crise multiforme et de guerre informationnelle ? » a fait l’objet d’une présentation de Bandjougou DANTE, président de la Maison de la Presse. Il a proposé d’informer utilement, proprement et sainement. Le patron de la Maison de la Presse a déploré la lenteur de l’État dans le processus d’adoption des textes régissant le monde de la presse avant de souligner que nous devons amplifier les informations valorisant notre pays pour contrer la guerre informationnelle.
Le thème 4 du panel : « La communication opérationnelle dans un contexte de guerre asymétrique et de cabale médiatique » a été exposé par le Colonel-Major Souleymane DEMBELE, directeur de la DIRPA. Il a insisté sur le caractère asymétrique de cette guerre qui n’est pas que militaire seulement, mais qu’on retrouve également dans le traitement des informations des ennemis de notre pays et de leurs puissances acolytes. Le communicant militaire rappellera que la communication opérationnelle est l’ensemble des actions mûries, améliorées pour rendre visible et lisible tout ce que les forces armées mènent sur le terrain.
« La communication appliquée par la DIRPA vise donc à informer le public et à contrer la désinformation », a-t-il précisé avant d’ajouter qu’il faut maintenir le moral des populations en restant proactif en matière d’information.
Il a fustigé ce qu’il appelle la manipulation de l’opinion publique pour mettre dos à dos les populations.
Le thème 5 du panel de la journée : « Quelle veille et quelle riposte médiatique face à la guerre informationnelle contre le Mali ? » a été présenté par Alexis KALAMBRY, directeur de publication de Nouvelle Tribune. Pour lui, la nécessité d’accompagner les médias pour faire face à cette guerre est fondamentale, avant de préconiser la mise en place d’un dispositif national de veille stratégique dans le domaine de la communication à travers un observatoire de l’information, qui servira de système d’alerte rapide.
Il a mis en garde ses confrères contre ce qu’il appelle le fact-checking, qui n’est autre que la réinvention d’une pratique de vérification en journalisme.
Le modérateur, Salif SANOGO, est revenu sur ce dernier point en affirmant que c’est le fait de l’IA (intelligence artificielle), qui, selon lui, doit être utilisée avec précaution pour éviter les fake news.
Au cours des débats, le doyen Sidiki N’fa KONATE a souligné la nécessité de l’élaboration d’une stratégie de communication gouvernementale pouvant servir de boussole pour guider les actions du gouvernement en matière de communication. Ainsi, plusieurs journalistes ont réaffirmé leur engagement à soutenir l’État pour faire face à cette guerre.
À la fin de la session, le directeur du CIGMA, Ibrahima TRAORE, a remercié les acteurs des médias pour cette forte mobilisation : « Cette lutte contre le terrorisme, tellement complexe et délicate, s’est invitée dans le secteur de l’information, il est donc demandé de la part des professionnels et autres acteurs de la presse une réelle prise de conscience des risques et conséquences liées au traitement erroné et à la diffusion de fausses informations. De plus, force est de constater que l’Armée et les autorités, dans le contexte actuel, doivent bénéficier du soutien et de l’accompagnement des médias nationaux publics ou privés », a-t-il invité.
CIGMA